LA VOIE DU SAMOURAÏ : " Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas." Lao-Tseu

Le sabre sous toutes ses formes

Je me rends compte qu’au cours des semaines précédentes j’ai abordé des techniques sans vous avoir présenté l’acteur principal à la mise en pratique du kendo. Il sera intéressant de voir l’ensemble de la panoplie des différents outils et ustensiles d’entraînement servant à l’étude du kenjutsu : ken (sabre) jutsu (technique).

En tout premier, je vous présente le bokken 木剣 sabre de bois

Voici un bokken en chêne blanc.
La partie représentant la poignée se nomme la « tsuka » (à droite sur la photo).
Lorsqu’il est posé sur le râtelier, le côté représentant le tranchant est dirigé vers de haut.
L’arête entre la poignée et la lame sert à fixer une garde : la « tsuba » (généralement en plastique ou en cuir épais).

Les différentes essences de bois (chêne blanc, chêne rouge, ébène,…) servant à le confectionner auront une incidence sur son poids (variant entre 500 g à 600 g) et sur son équilibre. Le bokken est un substitut du Katana. Il est aussi une arme à part entière. On doit prendre tout autant soin lors de son maniement, de son entretient (vérifier qu’il ne comporte aucune écharde) et avoir du respect pour celui-ci ; qu’on en aurait pour un Katana.
Le célèbre samouraï, Miyamoto Musashi, était réputé pour sa dextérité au bokken. À plusieurs reprises il affronta des adversaires armés de katana, confiant en son bokken.

Vient ensuite le suburitō

C’est un sabre de bois plus épais, d’environ 1 kg (c’est le poids réel du katana). La partie représentant la lame est plus épaisse que celle du bokken. Son barycentre est situé plus en avant. C’est aussi une arme à part entière. Son équilibre et son poids ne permettant pas de le manier aussi aisément que le bokken, Il est utilisé plutôt pour le renforcement musculaire. De même que pour le bokken, le bois doit être entretenu : on utilisera un chiffon huilé pour nourrir le bois et on vérifiera qu’il ne comporte aucune écharde.
Personnellement, j’affectionne tout particulièrement le suburitō, il m’oblige à être plus attentive, à être plus précise, et je me dois de travailler tout en souplesse. De part son poids, il est plus aisé de passer ensuite au katana (même poid et équilibre parfait).

Sur la photo qui suit vous pouvez voir, en partant du haut:

– un bokken en chaîne blanc de 300 gr, je l’utilise pour des exercices de démonstration, il me permet d’avoir une plus grande célérité.

– mon premier bokken d’entraînement en chêne rouge 500 gr

– un bokken en chêne blanc 600 gr, très bien  équilibré

– un bokken Daïto en Wengé de 715 gr

– un suburi en chêne blanc de 1 Kg

– un suburi en ébène de 1 Kg

– un Shinaï

– mon Iaï , sa tsuka est en peau de raie

– mon Katana, sa tsuka est en peau de requin

 

Pour un échange entre partenaires, le choix se portera sur le shinaï.

Cette arme est composée de 4 lames de bambou maintenues entre elles, à chaque extrémité, par deux pièces de cuir reliées par un cordon. Le shinaï est utilisé à l’entraînement pour sa flexibilité et sa grande résistance aux chocs. Il permet de faire des assauts réels tout en « ménageant » ses adversaires.
S’il comporte le moindre défaut, le shinaï doit être remplacé car il peut être dangereux lors des échanges. Une malencontreuse écharde pourrait blesser un œil.
Il n’est pas recommandé de l’utiliser pour le travail technique quotidien ; il n’y a pas de « bord tranchant » et « dos de la lame ». On risque de prendre de mauvaises habitudes.
Le shinaï est donc majoritairement utilisé pour des échanges « virils »; pour  des échanges plus techniques et plus »retenus » il est préférable d’utiliser le bokken.

Lorsque je parle de ménager les adversaires, cela me rappelle une anecdote que je souhaite partager avec vous .
Lors des entraînements, en fin de soirée, il y avait la séance « Chacun pour soi et Dieu pour tous » ; armé de son shinaï et, quelque fut le niveau, débutant ou expert, on se défendait et on attaquait. La partie s’arrêtait au dernier qui avait « survécu », sans être touché, aux assauts venants de toutes parts.
Il y avait là, un ancien, qui avait pris l’habitude de frapper les mains des adversaires ; ce qu’il savait causer beaucoup de douleur. Nous avions tous, sans exception, demandé qu’il arrête de s’acharner sur nos mains. Il ne désirait pas changer de comportement. De plus, il ne fallait pas s’en plaindre au Senseï ; il estimait que c’était à chacun de veiller à ne pas être touché. Un jour, lors de la « séance survivant », cet individu me tourna le dos suffisamment longtemps pour me permettre de m’en approcher en catimini. Mon shinaï fermement tenu, j’ai visé son postérieur. J’ai alors pris tout mon élan, puis, de toute ma force, j’ai frappé ses fesses bien dodus. La déflagration fut telle qu’il fit un bon. Il fut très agacé et surpris de mon audace ; il était prêt à riposter mais à la vue du Senseï qui riait sous cape, il accepta sa défaite. Depuis ce jour, il cessa de viser les mains. Ce n’était pas un dojo traditionnel, comme ceux où les échanges se font avec des protections particulières (voir les dojo enseignant le kendo). La seule exigence était le respect pour chacun d’entre nous.

 

L’arme la plus proche du katana est son petit frère le Iaï.

C’est un katana non affuté (pas de tranchant) en dehors de la pointe. Mon Senseï m’expliqua un jour que la pointe affûté était là pour nous rappeler la dangerosité de cette arme, qu’il fallait manier avec respect, comme un vrai sabre. il n’est pas destiné au échanges entre partenaire. Il nous permet, de part sa ressemblance parfaite avec le katana, de pratiquer l’art de dégainer, couper et rengainer. Le Iaï est l’instrument parfait pour pratiquer la méditation de pleine conscience dans le mouvement. Le Iaïdo est l’art subtil du combat avec soit même, la recherche de la perfection, du geste juste.

La star des armes blanches, le Katana

Le katana comporte plusieurs parties que je vous laisse le loisir de visualiser et d’étudier sur le schéma.


Né dans le feu, il sublime la beauté de l’acier. C’est une arme tout autant qu’une œuvre d’art, produit d’une tradition bien vivante d’un art de la forge inégalé et de la ferveur religieuse. Le katana est l’arme la plus tranchante qui existe, symbole de pouvoir, d’esprit martial et de l’honneur. Il représente l’âme du Samouraï. Dans le Japon ancien le katana, le sabre des Samouraï n’était pas seulement une arme, c’était également le symbole du statut social. Un seigneur pouvait intégrer à la puissante caste des guerriers, un soldat qui l’avait bien servi; à cette occasion il lui remettait un katana. Dès lors, en tant que Samouraï, il avait le devoir de défendre l’honneur et la quiétude de son maître, face à ses ennemis, au risque de sa vie. À partir du moment où il lui a été remis, le sabre ne quittait plus son propriétaire. Il incarnait aux yeux du Samouraï un pouvoir spirituel, quasi divin. Il le protégeait des attaques et des épreuves jusqu’à la fin de ses jours.

Nazira
 

"Qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il neige, l'apprenti Samouraï de son bokken devient maître. Dès les premières lueurs du jour jusqu'au crépuscule, il pratique la technique des maîtres. Quelles que soient la lassitude et les courbatures, ce jeune guerrier jamais ne cède à la facilité de se plaindre. Son unique objectif: "Devenir meilleur que la veille, bien avant que le jour ne s'éteigne."

Click Here to Leave a Comment Below 0 comments