LA VOIE DU SAMOURAÏ : " Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas." Lao-Tseu

La méditation du sabre au clair de lune…

Il y a quelques jours, je donnais des conseils à un jeune novice. Ce jeune homme qui se nomme Josh souhaitait depuis plusieurs années pratiquer le Kendo. Jusque là, il n’avait pas pu débuter pour des raisons pécuniaires. Il avait tout de même investit pour acquérir un bokken, un shinaï et un jo. Le hasard faisant bien les choses, au cours d’un séjours dans mon humble demeure  il a saisit l’opportunité  que je lui ai proposé : celle d’aquerrir  les bases nécessaire pour débuter sa pratique. Je lui ai offert un cours accéléré sur le sujet. Lors  de l’apprentissage, j’avais abordé avec lui la nécessité de  pratiquer aussi la méditation. Josh ne voyait aucun intérêt à méditer, pour lui cela ne servait à rien; il a essayé un jour (!?), mais il n’a obtenu aucun résultat concret. Ce n’est pas étonnant !!! La méditation comme toute pratique doit se faire régulièrement, il faut de la rigueur pour espérer obtenir un résultat quelconque.

La première fois que j’ai commencé à méditer ce fut à l’âge de 16 ans. J’avais été fascinée par une photographie qui représentait Bouddha en position de lotus. J’ai tout simplement pris cette photographie comme exemple et comme maître. Curieux n’est-ce-pas ? Tous les jours, au retour de l’école, je m’étais donnée rendez-vous avec Bouddha, je m’installais face à cette image dans la même posture que mon modèle et je l’observais sous toutes les coutures. Au début, c’était inconfortable, même si j’étais très souple, des petites douleurs apparaissaient par ci, par là. La circulation sanguine au niveau des jambes ne se faisait plus correctement. Les premiers temps, je n’arrivais pas à tenir la posture plus de dix minutes et, chaque jour, je me challengeais à rester un peu plus longtemps. Au bout de six mois de persévérance, j’avais réussi à tenir au moins une heure. À l’époque je faisais ma « crise d’adolescence », j’avais décidé de me couper de mon entourage familial, de ne plus être présente à la traditionnelle réunion journalière, qui consistait à rester deux à trois heures devant le poste de télévision. Cette coupure avec le monde extérieur m’avait fait le plus grand bien. J’étais centrée. J’étais ancrée. À l’époque, je ne connaissais pas ces termes mais j’avais découvert ces sensations. Je pratiquais sans le savoir la méditation de la pleine conscience, en observant Bouddha et en prenant conscience de ma posture, de chaque partir de mon corps, en veillant à maintenir le dos bien droit, la tête droite, la position de mes mains, à noter la moindre sensation de douleur, j’apprenais à maîtriser ce corps. Je me focalisais aussi sur ma respiration, j’observais mon inspiration et mon expiration. J’apprenais à respirer en pleine conscience et selon l’humeur du moment, la respiration pouvait être différente. Puis un jour, j’avais décidé de méditer autrement, d’abandonner la posture habituelle pour être tout simplement allongée sur le sol. J’étais en contact direct avec le parquet, je me suis mise à me concentrer sur cette nouvelle sensation. Les mains bien à plat, j’écoutais ma respiration, le bruit ambiant, je ressentais d’où venait le vent. Le contact de mon dos et de mes mains avec le plancher accaparait mon attention. Mon corps tout entier était à l’écoute. Et là, un événement inattendu est survenu : je me suis rendue compte que mes sens allaient au delà de mon corps, je ressentais les vibrations du sol, des murs, de la toiture ; la maison respirait. J’ai poussé alors encore un plus loin mon investigation et ma découverte fut grandiose: J’entendais des battements de cœur, et ce n’était le mien. C’était celui de la Terre, Notre Terre, de Gaïa. J’ai compris alors que la Terre était un être vivant à part entière et elle avait un cœur. Un cœur débordant d’amour qui ne demandait qu’à s’offrir à nous et j’étais connectée avec ce cœur. Ce fut une expérience unique et merveilleuse. Je n’ai pas retenté l’expérience, le temps était venu de sortir de mon adolescence.

Mais, quel est donc le rapport entre la méditation et le Samouraï, me demanderez-vous ? Sur les siècles de combat, de guerre civile, la conscience collective à garder l’image du Samouraï comme étant un combattant, un être sanguinaire. Il n’est pas que cela, c’est aussi un être très sensible, raffiné et cultivé. Avant le combat physique, vient le combat en esprit. Et cet esprit, il doit l’affûter autant que son Katana. Et la voie la plus sûre est la méditation. Apprendre à être dans l’instant présent en toute circonstance, apprécier la vie dans tous ses états, développer ses cinq sens bien au-delà du commun des mortels ainsi que son intuition et enfin être en paix avec soi-même. Mon maître d’armes avait pour habitude de méditer avec son sabre, il nous conseillait d’en faire autant, soit avec un bokken, soit avec le Iaï.

Comment procède-t-on? C’est fort simple:

1- Le salut debout (tachi-rei) voir l’article mes premiers pas.

2- Le Salut à genoux (Zareï)

3- Le Salut au sabre en début d’exercice

4- Être en Seïza

5- Se focaliser sur la respiration abdominale,

6- Concentrer son énergie au niveau du HARA.

7- Poser le regard sur un objet unique (dans le cas présent : le sabre)

8- Être à l’écoute des bruits ambiants.

9- Être attentif à chaque partie de son corps

10- Le Salut au sabre en fin d’exercice

Voilà pour les points essentiels, j’ai une petite anecdote à partager à propos de cette méditation, mon maître d’armes ou Senseï avait pour habitude de le faire le sabre au clair, c’est à dire le Katana est hors de son fourreau (la Saïa). Il nous a déconseillé de méditer de la sorte, vous connaissez le dicton « Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais ». Un jour qu’il méditait ainsi, il a été interrompu par un de ses sempaï, celui-ci le réclama à l’accueil. Le Senseï s’est retourné pour lui répondre et machinalement sans regarder, il a pris à pleine main son Katana au niveau de la partie tranchante. Vous devinez la suite, une belle coupure sur toute la largeur de la main droite, il n’y était pas allé de main morte. Rassurez-vous, après un mois de convalescence, sa main avait retrouvé son entière fonctionnalité.

Si nous revenons au temps présent, bien des personnes associent la méditation à la religion. Certes, je le concède, mais ce n’est pas pour autant qu’il faille être d’une quelconque confession pour se donner le droit de méditer, loin de là. La méditation nous apporte un bien être, une ouverture différente sur le monde, un équilibre à la fois physique et intellectuelle, la confiance en soi, elle affûte notre esprit. Je n’insisterai jamais assez sur les bienfaits que cela vous apportera. Déterminez un moment pour vous, revenez à l’essentiel qui n’est autre que vous-même, retirez-vous un moment du monde extérieur, c’est le plus cadeau que vous pouvez vous offrir. Mais pour ceux dont la méditation en posture assise ne leur convient guère, il est possible de pratiquer la méditation de la pleine conscience dans le mouvement. Elle consiste à être attentif, à être focaliser sur ses moindres gestes. Il s’agit de freiner le flux de notre pensée, de cesser d’agir machinalement, redécouvrir le mouvement comme si c’était la première fois. Pour les nombreux sceptiques et pour ceux qui souhaitent tout simple appronfonfir le sujet, je leur conseille de lire cet article tiré du magazine « Cervo & Psycho » La méditation en pleine conscience 

Ce petit intermède terminé, il est temps de passer à la leçon suivante : la coupe diagonale.

 

Nazira
 

"Qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il neige, l'apprenti Samouraï de son bokken devient maître. Dès les premières lueurs du jour jusqu'au crépuscule, il pratique la technique des maîtres. Quelles que soient la lassitude et les courbatures, ce jeune guerrier jamais ne cède à la facilité de se plaindre. Son unique objectif: "Devenir meilleur que la veille, bien avant que le jour ne s'éteigne."

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