LA VOIE DU SAMOURAÏ : " Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas." Lao-Tseu

La coupe verticale

Salut !  Tu es revenu !? … Alors dis-moi, est-ce que tu commences à être à l’aise avec cette nouvelle façon de  se déplacer ? Les premiers temps, j’ai eu des crampes à  la jambe gauche, c’est elle qui sert d’appuis pour la « propulsion  » et ensuite se fut le tour de la jambe droite étant donné qu’elle amortie en permanence. En passant une à deux heures par jour à pratiquer ce déplacement, j’ai senti que  les muscles du mollets, des cuisses et des fessiers commençaient à bien se développer. J’ai oublié de préciser qu’il faut garder le dos bien droit et regarder droit devant soi. Les premiers temps, on a tendance à regarder ses pieds.

Il faut être armé de patience quand on commence l’apprentissage. Plus d’une fois, j’étais très agacée et frustrée de ne faire que cela. D’autant plus que je voyais les autres disciples s’amuser à se battre, à faire des échanges, à simuler qu’ils mouraient sur le tatami. Moi, aussi, je voulais jouer avec eux … Régulièrement  j’allais harceler le Senseï pour qu’il m’enseigne la suite et jour après jour la même réponse « Tu n’es pas encore prête, il faut encore améliorer ton déplacement « . Je pense qu’il a cherché avant tout à tester ma patience et ma persévérance. Comme je l’ai déjà précisé au précédent article, ils étaient nombreux ceux  qui venaient s’inscrire mais peu persévéraient. L’une des qualités du Samouraï est la persévérance or j’en ai à revendre.

L’une des raisons qui m’a permis de tenir était que je souhaitais réellement manier un Katana, c’était mon objectif. Au dojo tous les matins, les disciples  avancés, habillés dans leur hakama, leur Iaï à la main réalisaient tous ensemble  leur kata où le coordonnateur de ce beau balai n’était autre que le Senseï, ce spectacle  me donnait du courage à maintenir mes efforts. Ma patience fut un beau jour récompensée, le Senseï se décida à me montrer la coupe verticale. Je vais vous décrire  le mouvement.

A- La position de garde 

Je fais un rappel

1 – On fait avec la jambe droite un pas en avant, l’écart doit être au maximum de la longueur de votre pied, il est préférable qu’il soit moins, imaginez une ligne qui délimite la frontière, vos deux pieds se trouvent de chaque côté de cette frontière. Quant à la largeur, elle doit correspondre à celle de votre hanche ni plus ni moins, les jambes légèrement fléchies. La masse corporelle doit être répartie équitablement sur les deux jambes.

2 – De la main droite, on attrape le bokken qui a été rehaussé à la hauteur des hanches. Il faut placer la main sur le haut de la tsuka suffisamment proche de la garde sans plaquer contre la tsuba.

3 – On tire le bokken du fourreau imaginaire représenté par la main gauche et on le positionne devant soi à la hauteur du nombril. Si le mouvement est correctement effectué, le tranchant de la lame est vers le bas et la pointe en avant légèrement incliné vers le haut.

4 – La main gauche se positionne derrière la main droite avec un écart de deux à trois doigts. Les deux mains doivent parfaitement alignées, bien dans le prolongement du profile de la tsuka. Les mains ne doivent pas être collées l’une à l’autre, ni avoir un écart trop important, les poignets ne doivent pas être écartés l’un de l’autre mais quasi alignés.

B- La coupe verticale combinée avec le déplacement

1- Les jambes sont légèrement fléchies. On arme le Katana  en levant les bras, les mains se placent au dessus de la tête, légèrement en avant. Le Katana doit être parallèle au sol.

2- On avance le pied droit de tel sorte qu’il glisse sur le sol sans pour autant le traîner et il va se placer à une longueur de pied et dans le même temps en abaisse les  bras, en suivant parfaitement la verticale. La jambe gauche soutenant tout le poid du corps effectue une légère poussée.

3- Le pied gauche décolle du sol et glisse d’une longueur de pied. C’est le pied gauche qui amortie la fin de la coupe. Si vous avez compris le mouvement, vous avez fait en sorte que la fin de la coupe coïncide avec la réception du pied gauche. La pointe du Katana ne doit pas descendre plus bas que le nombril ou à peine. L’arrêt du mouvement doit être net.

On reprend  la posture de garde et on recommence une nouvelle coupe verticale. Il va sans dire qu’il faut répéter, répéter et répéter encore. Je préconise de faire au moins quinze minutes par jour. Si tu as le courage et la patience de faire plus, ne t’en prive pas. Tes efforts se seront récompenser. Penses à faire la salutation avant de commencer l’exercice, si tu ne te rappelles pas comment faire, revois l’article « Mes premiers pas« . Je n’ai pas souhaité faire un rappel, il va de soi que le Salut doit d’être acquis très rapidement. Il te permet de te connecter au premier des principes moraux qui sont à la base de la conduite du Samouraï. En mettant en place ce rituel, tu te façonnes au fur et à mesure le mental du Samouraï, tu t’appropries son étique, tu intègres  sa philosophie, le fondement de sa morale. Il serait bon que je m’attarde sur le rituel de la salutation dans un avenir très proche. Une petite pause méditative s’impose.

Si tu as aimé l’article, dis le moi en postant un commentaire, toute remarque constructive sera la bienvenue , n’hésite pas à me poser une question sur le sujet .

 

Nazira
 

"Qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il neige, l'apprenti Samouraï de son bokken devient maître. Dès les premières lueurs du jour jusqu'au crépuscule, il pratique la technique des maîtres. Quelles que soient la lassitude et les courbatures, ce jeune guerrier jamais ne cède à la facilité de se plaindre. Son unique objectif: "Devenir meilleur que la veille, bien avant que le jour ne s'éteigne."

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