LA VOIE DU SAMOURAÏ : " Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas." Lao-Tseu
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La coupe diagonale

Voilà, le troisième mois est largement entamé. Je vais faire un petit récapitulatif de ce que nous avons vu ensemble pour l’apprentissage du maniement du katana. Vous allez me dire qu’on est encore au bokken, oui, en effet, quelle que soit la progression, ou le niveau atteint, le bokken sera votre meilleur allié, votre meilleur ami, il vous aidera à progresser dans la voie. L’un des plus célèbres bretteur, Miyamoto Musashi, avait sa préférence pour le bokken. Sa dextérité était telle qu’à plusieurs occasions il sut combattre et abattre tout un groupe armé de katana.

La toute première chose à mettre en place est l’étiquette ; même si on se trouve tout seul avec son bokken, sans partenaire, sans senpaï pour nous guider et le Senseï étant aussi absent, il faut honorer les lieux de l’apprentissage, le dojo, par une salutation respectueuse, on fait aussi une salutation vers le kamiza qui se trouve en général dirigé vers l’Est et une autre salutation pour son bokken.

Un temps est consacré à la méditation, il n’est nullement besoin qu’il dure dans le temps, ce simple rituel nous met tout de suite en condition d’apprentissage; on laisse de coté, à l’extérieur du dojo, tous ses soucis, toutes les réflexions qui n’ont pas lieu d’être. On est projeté dans un espace-temps qui est pour soi, on se donne rendez-vous avec soi-même. Il suffit de rester debout, on ferme les yeux, on écoute les bruits ambiants, les épaules sont détendues, on respire profondément en utilisant l’abdomen. Le but de cette entrevue est de nous apporter un moment de paix, de sérénité, plus rien n’existe à par soi. On ouvre les yeux et on se met en garde.

Nous avons abordé la première technique qui est tout simplement de savoir marcher, se déplacer. Cela n’a l’air de rien et pourtant, sans un bon déplacement point de combat, point de victoire. Pour ne pas te compliquer l’existence, je t’ai juste montré comment avancer. Il faut savoir aussi reculer, faire une marche arrière. Il faut juste faire le contraire de ce que tu as appliqué pour faire un pas en avant. Essaie d’abord tout seul pour voir. Si tu n’y arrives pas, je t’expliquerai. Il est important de développer ton sens d’observation, d’analyser puis d’appliquer.

Sur le deuxième mois, je t’ai montré comment faire ta coupe verticale en effectuant le déplacement d’un pas en avant. Selon le même principe vu au paragraphe précédent, il faut exécuter la même coupe en effectuant, cette fois-ci, un déplacement en marche arrière. Allez, maintenant, je vais t’aider.

1- On démarre en position de garde « chudan no gamae« 

2- On lève les mains et on place le bokken au dessus de la tête, les mains légèrement en avant.

3- Dans un même temps, on recule le pied gauche pendant qu’on amorce la descente des mains.

4- La pointe du bokken effectue une courbe bien verticale en partant d’en haut et en arrière pour venir se placer en avant, à hauteur du nombril.

5- La fin du mouvement est marquée par l’arrêt immédiat de la coupe à l’instant où le pied droit touche le sol.

Si tu as compris et que tu appliques correctement ces premières bases, c’est déjà très bien. Tu peux être fière de toi. Je devine ton impatience, tu te dis quand enfin ce senpaï va lâcher le morceau. Allez, je vais être généreuse avec toi, je te donne en bonus une nouvelle technique: la coupe diagonale partant de haut à droite pour se terminer en bas à gauche.

La coupe diagonale

Avant de débuter cette technique, il est important de noter qu’il ne faut pas effectuer ce mouvement en force, il faut être bien détendu et agir avec souplesse. Si tu as agis en mettant trop de tension, tu vas te faire mal au dos et risquer de te coincer. Maintenant, je vais te décortiquer le mouvement ; il faut l’effectuer lentement pour bien ressentir les muscles du dos. Il se présente que, lorsqu’on fait lentement les pas, on se trouve être à contretemps. Mais ce n’est pas grave en soi. La technique, c’est ce qui compte avant tout, la grâce du mouvement viendra par la suite.

A- De la posture de garde moyen « chudan no gamae« , on amène le bokken tenu par les deux mains en position haute, le bokken est placé au dessus de la tête presque à l’horizontale.

B- Il faut abaisser les bras en modifiant l’axe. Les mains suivent le mouvement, la pointe du bokken fait un arc de cercle . Dans ce même temps on a avancé le pied droit d’une longueur de pas.

C- la pointe du bokken suit une trajectoire depuis l’extérieur droit, passe devant le buste dans la descente, pour ensuite se retrouver à l’extérieur gauche, la pointe du bokken est, alors, dirigée vers le sol.

D- Le mouvement se conclut part la réception du pied gauche au sol.

L’amplitude du mouvement, de l’arc de cercle, de l’inclinaison déprendront de la cible à atteindre. Si on souhaite blesser un adversaire au torse, au bras ou à la cuisse, il faut ajuster son attaque. Plus le mouvement est ample, et plus le buste pivotera sur son axe. Il faut éviter de trop se pencher en avant ; car avec une arme pesante on risque de devenir une cible facile en offrant des ouvertures à son adversaire.

Maintenant, le temps est venu de mettre en pratique tout ce que nous avons étudié ensemble. Prends le temps nécessaire, il ne s’agit pas d’aller vite mais d’être précis et de répéter jusqu’à ce que le mouvement devienne un automatisme. Une fois qu’il sera parfaitement intégré tu pourras faire de même pour la marche arrière. Allez, tu as de quoi t’occuper pour les prochains jours. N’hésite pas me laisser un commentaire à ce sujet.

Nazira
 

"Qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il neige, l'apprenti Samouraï de son bokken devient maître. Dès les premières lueurs du jour jusqu'au crépuscule, il pratique la technique des maîtres. Quelles que soient la lassitude et les courbatures, ce jeune guerrier jamais ne cède à la facilité de se plaindre. Son unique objectif: "Devenir meilleur que la veille, bien avant que le jour ne s'éteigne."

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