LA VOIE DU SAMOURAÏ : " Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas." Lao-Tseu

Être en SEÏZA ou l’art subtil de souffrir en silence

Ha ! Qu’il est lointain le temps de l’innocence… Quand je regardais les films qui avaient un quelconque rapport avec les arts martiaux, qu’est-ce que  j’enviai la place de  ces hommes parés de leur Katana et ces femmes noblement vêtues de leur kimono. Leurs gestuelles parfaites étaient d’une telle grâce lorsqu’ils s’asseyaient. Ils offraient aux spectateurs des visages calmes et sereins. Je me disais intérieurement qu’il devait être agréable de rester des heures assis ainsi  sur le tatami. Ils  montraient aucun empressement à se lever et pour cause…

Lorsque tu commences ta vie de disciple en art martial, l’une des  bases fondamentales  que tu dois connaître,  c’est de t’asseoir correctement dans l’attitude juste. Et le mot qui définit ce qui précède c’est le « SEIZA ». J’étais toute heureuse à l’idée de connaître enfin cet art, mon souhait de jeune novice allait en enfin être réalisé. En tant que kohaï, je devais suivre les instructions des sempaïs et les imiter. Toute fière que j’étais à suivre leur enseignement, je leur racontais mon enthousiasme à apprendre à être en SEÏZA. Sur le moment, je n’avais pas compris leurs  sourires  malicieux. Sans plus attendre, je t’explique étape par étape le SEÏZA.

De la position debout, les pieds légèrement écartés et pour faire simple les bras le long du corps, on fléchit légèrement les genoux. Il faut effectuer le mouvement  très lentement :

Le genou gauche est celui qui descend en premier, le bassin suit le mouvement et pivote sur son axe. Le genou droit descend alors à son tour. Les deux jambes  forment un angle compris entre 60° et 90° lorsque le genou gauche touche le sol. Je fais un arrêt sur cette image. Je ne  sais pas le nom de cette posture, elle est intéressante à connaître. Elle est utilisée par le Samouraï lorsqu’il souhaite saluer son Seigneur et maître, en mettant juste un genou au sol.

On ramène ensuite le genou droit au sol à une distance d’une à deux mains du genou gauche. De là, on peut reposer ses fesses sur les talons, les orteils sont repliées, les plantes  des  pieds  sont perpendiculaires  au sol. Le nom de cette posture est le KIZA, c’est une variante du SEÏZA.  Si au lieu de reposer les fesses immédiatement, on étend d’abord les pieds de tel sorte que les orteils soient totalement étendues, la face des pieds se trouve posée au tatami, on peut ensuite ramener les fesses qui se poseront cette fois sur le dos des pieds. Là est la posture de SEÏZA et le détail important pour les puristes, l’orteil droit se place au dessus de l’orteil  gauche. Quant aux mains, elles se posent sur les cuisses.

De cette magnifique posture de SEÏZA ou celle de KIZA, on peut alors soit se mettre en méditation, on appelle cela le ZAZEN, soit saluer vers le Kamiza (petit hôtel pour les Kami, les divinités) où se trouve en général le SENSEÏ, il suffit de poser les deux mains bien à plat devant soi, les pouces et les index  se touchent pour former un triangle, on descend le buste tout en inclinant la tête, celle-ci vient se positionner sur le triangle précédemment formé. C’est le ZAREÏ.

Tout novice qui pratique le SEÏZA trouvera que la posture est très inconfortable et cela dès les cinq premières minutes. Et c’est normal, il n’y a pas à s’inquiéter. Il faut juste prendre le mal en patience, persévérer jour après jour. Il n’y a pas de victoire sans un combat. Et ce combat, on le mène contre nos propres sensations, contre notre propre faiblesse. Chaque minute tenue en SEÏZA, c’est une victoire sans conteste sur soi-même. Je ne peux pas blâmer celui qui se plaint, je le comprends. Le plus important est de toujours faire de son mieux et faire encore un peu plus la fois suivante. Je vous encourage à méditer sur le sujet. Allez, je vous laisse pour aujourd’hui, je vous retrouve pour le cours suivant, juste après ma séance de méditation.

 

 

Nazira
 

"Qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il neige, l'apprenti Samouraï de son bokken devient maître. Dès les premières lueurs du jour jusqu'au crépuscule, il pratique la technique des maîtres. Quelles que soient la lassitude et les courbatures, ce jeune guerrier jamais ne cède à la facilité de se plaindre. Son unique objectif: "Devenir meilleur que la veille, bien avant que le jour ne s'éteigne."

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